Le Capital-Décès

I
UN DECES, CA N'ARRIVE PAS QU'AUX AUTRES

Sans être fréquente, notamment vers 30 ans, l'éventualité d'un décès existe bel et bien même si peu de gens acceptent d'en parler avec raison. Qui n'a pas entendu parler de ce médecin, marié - 3 enfants, qui vient de décéder, vers 40 ans, laissant sa famille dans un désert financier parce qu'il n'avait pas pris le temps de se protéger et de protéger les siens par un capital-décès conséquent ? Faut-il évoquer les causes possibles d'une disparition prématurée ? Sans parler de certaines maladies redoutées de tous, il y a ces accidents stupides en moto, parce qu'on néglige les risques inhérents à ces engins, ces accidents de sports, que ce soit par randonnées en haute-montagne, en ULM ou même en voilier, réf. ces corps de Mr et Mme retrouvés flottants sur la grève, 1 mois après...

II
CHUTE BRUTALE DES REVENUS

Pour la famille, conjoint et enfants, le choc est rude car en plus du cortège des ruptures affectives et du chamboulement familial, survient la chute brutale des revenus avec, en plus, des dépenses non prévues ! Expliquons-nous avec un cas moyen : Monsieur, généraliste, 40 ans, CA brut 15.000 €/mois, marié, épouse salariée avec 2.500 €/mois ; si Monsieur décède, la source principale de revenus s'arrête brutalement et la famille se retrouve avec un seul revenu de 2.500 €/mois alors que le train de vie familial est encore basé sur 17.000 €/mois et que certaines charges continuent à courir comme les impôts, l'URSSAF et certaines cotisations obligatoires ; rajoutez à cela les charges inhérentes à tout décès comme les frais d'obsèques et vous verrez que cette famille se retrouve vite dans un trou noir financier. Certes, la veuve peut faire appel alors au Syndicat départemental ou au Conseil de l'Ordre, ou encore à l'association d'entraide locale mais tout cela n'est qu'un pis -aller car les besoins de la famille sont trop importants pour s'en contenter. Même chose avec le capital-décès du régime obligatoire et ses rentes-éducation.
Mais comment protéger les siens efficacement : par un capital ? par une rente éducation ? par des appartements ou des biens immobiliers ?

III
POURQUOI UN CAPITAL-DECES ?

Bien que certaines sociétés d'assurances poussent leurs démarcheurs à faire souscrire des rentes éducation, nous sommes convaincus que rien ne remplace la disponibilité et la souplesse d'utilisation du Capital-décès, sans parler du coût ! En effet, les cotisations des rentes éducation sont relativement chères ; de plus, sur le papier, nous avons vu annoncer une rente de 600 €/mois par enfant à charge alors qu'en réalité, seulement 50% de cette rente est servie de tel âge à tel âge... Le capital-décès, lui, assure une rentrée d'argent rapide qui sera indispensable pour compenser la chute de revenus liée au décès et éponger les dépenses inhérentes à l'inhumation, les impôts de l'année précédente et les ajustements de cotisations obligatoires. Ajoutons que ce capital-décès, quand il n'est pas souscrit dans la vieillesse et dans une fin évidente de dissimulation d'héritage, n'est pas imposable et ne rentre pas dans la succession (important). Quant aux investissements immobiliers, en pratique et à l'expérience, ils ne constituent pas une solution efficace pour protéger les siens en cas de décès, surtout si la veuve doit négocier rapidement l'un ou l'autre bien...

IV
QUEL MONTANT CHOISIR ?

Un capital-décès est peu onéreux vers 30 ans, par exemple : 160 €/an pour 100.000 €, soit 13 €/mois (comment certains attendent des années avant de se couvrir, c'est incompréhensible). A 40 ans, on passe à 240 €/an, puis à 600 €/an à 50 ans. Attention ! ces tarifs sont simplement indicatifs car certaines sociétés peuvent pratiquer des tarifs "attractifs" en décès, pour attirer le client, et alourdir les cotisations en Indemnités Journalières et surtout en Rente d'Invalidité, la 3e garantie souvent la plus négligée...
Quel montant souscrire ? Notre conseil :
  • médecin, 30 ans, début d'installation professionnelle, non marié mais vie maritale : 100.000 € minimum avec 50% pour aider les ayants droit légaux (les parents) à faire face aux impôts et charges diverses et 50% pour le concubin ;

  • médecin, 40 ans, généraliste, marié, épouse au foyer, 2 enfants : 150.000 € minimum, si possible : 200.000 € ;

  • pédicure-podologue, 23 ans, début d'installation professionnelle ou remplaçante, union libre : 40.000 € dont 75 % aux parents ;

  • médecin spécialiste, 45 ans, conjoint spécialiste également, 3 enfants : 150.000 € à 200.000 € chacun.
V
QUE PENSER DU 2 x ACCIDENT ET 3 x ACCIDENT DE CIRCULATION ?

Il s'agit du doublement du capital-décès en accident et du triplement de ce capital en accident de la circulation, sorte de carotte que l'on tend au futur assuré comme pour lui faire espérer de gagner le gros lot à la loterie... Pour nous, cette garantie relève plus du marketing que d'un réel besoin chez l'assuré.
En effet, si l'assurance doit répondre à un besoin, de quoi votre conjoint et vos enfants ont-il besoin si vous veniez à les quitter : de 150.000 € ou de 450.000 € ? Si c'est de 450.000 €, il faut alors vous assurer pour un capital de 450.000 € en décès toutes causes et non pour 150.000 € ...triplé en accident de circulation, parce que vous avez beaucoup plus de chances de décéder par maladie que par un accident de la route, même à 40 ans. Si 150.000 € suffisent, alors, n'en rajoutons pas ! Les petites garanties gadgets, rajoutées ça et là, finissent par alourdir les cotisations et vous n'en êtes pas forcément mieux garanti pour cela (réf. les Indemnités Journalières et la Rente d'Invalidité professionnelle).

VI
DEDUCTION MADELIN GLOBALE : DANGER !

Depuis 1994, vous pouvez déduire les cotisations de votre prévoyance dans le cadre de la loi Madelin mais sans que cela fasse baisser les cotisations obligatoires (réf. déduction Madelin). Or, le cadre de cette déduction est strict : les prestations ne peuvent pas être servies en capital, sauf 2 exceptions. Donc, si vous avez souscrit une prévoyance globalement déductible Madelin, où les cotisations capital-décès, Indemnités Journalières et Rente d'Invalidité sont payées en professionnel et déduites entièrement par le comptable, en cas de décès, votre conjoint ne pourra pas toucher le "capital" souscrit en toute bonne foi mais seulement une rente plus ridicule qu'autre chose ! C'est comme si vous achetiez une voiture et, en contrepartie d'une déduction fiscale, vous ne receviez, du garage, qu'une roue 1ère année, une 2e roue 2e année, un pare-choc 3e année et ainsi de suite pendant 20 ans... Il y a même un syndicat très connu qui a fait souscrire à ses adhérents, en confiance, "entre copains", un plan de prévoyance globalement déductible tout en inscrivant sur sa documentation, noir sur blanc, "capital souscrit" ... ! Il est très dangereux à un syndicat de vouloir manager lui-même un contrat de prévoyance même s'il est facile de copier : l'assurance prévoyance est un monde à lui seul et les pièges sont nombreux.

Mots-clés: Prévoyance médicale, Capital Décès

Imprimer E-mail

Chercher